Setibhor

Setibhor

Setibhor
Nom en hiéroglyphe
HD2
r
stt
ib
Transcription S.t-jb-Ḥr
Période Ancien Empire
Dynastie Ve dynastie
Famille
Conjoint Djedkarê Isési
Enfant(s) Ounas (?)
Sépulture
Nom Pyramide de Setibhor
Type Pyramide
Emplacement Saqqarah
Fouilles 1952 (Ahmed Fakhry)
2010 et 2018-présent (Mohamed Megahed)

Setibhor est une reine égyptienne de la fin de la Ve dynastie, épouse du roi Djedkarê Isési.

Attestations

La reine est attestée depuis longtemps par des noms de domaine des mastabas d'Ptahhotep et Akhethétep, mais son identification en tant que reine ne pouvait être établie[1]. Sa principale attestation est sa pyramide située à côté de celle de Djedkarê Isési, où son nom a été repéré pour la première fois lors de la saison de fouilles de 2018 et publié dans le rapport de cette fouilles en 2018[2]. Elle y portait les titres suivants[3],[4] :

  • « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
  • « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f),
  • « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
  • « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t),
  • « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts),
  • « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw),
  • « Aimée d'Hathor tous les jours » (mr.t Ḥw.t-Ḥrw rˁnb),
  • « Révérée et aimée de tous les dieux » (jmȝḫw.t mrr.t nṯr.w nb.w).

La particularité de cette reine est qu'elle est la première à avoir porté certaines épithètes, mais aussi, Setibhor est la première à avoir été coiffée du disque solaire ailée avec deux uræus, mais aussi avec la présence d'Horbehedety dans les reliefs du monument[5]. Il est à noter qu'un certain nombre de reliefs, y compris les titres de la reine, ont été regravés, mais le nom de la reine n'a jamais été touchés[6].

Généalogie

Son titre d'« épouse du roi » combinée à la localisation de sa tombe font d'elle l'épouse principale de Djedkarê Isési[2],[5].

Le cartouche d'Ounas retrouvé sur des vestiges de relief du temple mortuaire de Setibhor enterrée aux côtés de Djedkarê à Saqqarah pourrait signifier qu'Ounas était le fils de cette reine[7]. Cependant, cela reste incertain, le titre de « mère du roi » n'ayant d'ailleurs pas été retrouvé parmi les reliefs mentionnant la titulature de Setibhor[8],[9], même si certains chercheurs, dont Vivienne Gae Callender, semblent privilégier un tel lien[10].

Sépulture

Plan du complexe de Setibhor. Dans l'ordre :
  • 1 : Cour à colonnades
  • 2 : Chapelle à cinq niches de statues
  • 3 : Antichambre carrée
  • 4 : Réserves
  • 5 : Salle des offrandes
  • 6 : Pyramide cultuelle
  • 7 : Pyramide principale
.

Sa pyramide, connue depuis longtemps, se trouve à côté de celle du roi à Saqqarah et est réputée pour sa taille inhabituelle, la plus grande construite pour une reine dans l'Ancien Empire. La pyramide intègre des éléments qui n'étaient auparavant utilisés que dans les complexes du roi[11].

L'archéologue égyptien Ahmed Fakhry a fouillé son temple mortuaire dans les années 1950, mais son rapport n'a jamais été publié[12]. L'égyptologue américain Klaus Baer, qui a assisté Fakhry lors des fouilles, a noté que les scènes avaient été « secondairement modifiées », les textes au-dessus de la tête de la reine ayant été effacés et remplacés par « des vautours et d'autres insignes royaux »[12]. L'égyptologue américaine contemporaine Ann Macy Roth a suggéré que les insignes royaux et la violence utilisée sur son monument indiquent qu'elle a pu régner en tant que femme-roi, de la même façon que les monuments d'Hatchepsout ont été défigurés après sa mort[12]. Depuis 2010, Mohamed Megahed est le directeur en charge des pyramides de Djedkarê Isési et de Setibhor[13].

Notes et références

  1. Megahed, Jánosi et Vymazalová 2019, p. 32, note 18.
  2. a et b Megahed, Jánosi et Vymazalová 2019, p. 32-33.
  3. Megahed, Jánosi et Vymazalová 2019, p. 32.
  4. Vymazalová 2021, p. 110.
  5. a et b Vymazalová 2021, p. 121.
  6. Megahed, Jánosi et Vymazalová 2019, p. 33.
  7. Michalowsky 1997, p. 482.
  8. Verner 2014, p. 82 et 89-90.
  9. Vymazalová 2021, p. 111.
  10. Callender 2011, p. 191.
  11. Callender 2011, p. 187.
  12. a b et c Roehig, Dreyfus et Keller 2015, p. 12.
  13. (en) « Parcours de Mohamed Megahed », sur Czech Institute of Egyptology (consulté le )

Bibliographie

  • Kazimierz Michalowsky, L’Art de l'Égypte, Paris, Citadelles & Mazenod,  ;
  • (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6)
  • (en) Miroslav Verner, Sons of the Sun : Rise and Decline of the Fifth Dynasty, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 308 p. (ISBN 978-80-7308-541-4) ;
  • (en) Catherine Roehig, Renee Dreyfus et Cathleen Keller, Hatshepsut: From Queen to Pharaoh, New York: Metropolitan Museum of Art,  ;
  • (en) Mohamed Megahed, Peter Jánosi et Hana Vymazalová, « Exploration of the pyramid complex of King Djedkare: season 2018 », Pražské egyptologické studie, no 23,‎ , p. 12–36 (ISSN 1214-3189, lire en ligne) ;
  • (en) Mohamed Megahed et Peter Jánosi, « Exploration of the pyramid complex of King Djedkare: 2019 fall season », Pražské egyptologické studie, no 25,‎ , p. 90–102 (ISSN 1214-3189, lire en ligne) ;
  • (en) Hana Vymazalová, « Newly uncovered relief fragments of Queen Setibhor: A queenly decorative theme with unusual features », Pražské egyptologické studie, no 26,‎ , p. 107–125 (lire en ligne) ;
  • (en) Mohamed Megahed et Hana Vymazalová, « The Pyramid of Queen Setibhor at South Saqqara », Etudes et Travaux, no 35,‎ , p. 103–117 (lire en ligne).

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