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Ferdinand Domela Nieuwenhuis, né à Amsterdam le 31 décembre 1846 et mort à Hilversum le 18 novembre 1919, est un militant anarchiste et antimilitariste, figure importante du mouvement libertaire néerlandais[4].
Il est considéré comme un des fondateurs du mouvement socialiste aux Pays-Bas. Il a également été le fondateur du périodique De Vrije Socialist (nl).
Son père, Ferdinand Jacobus Nieuwenhuis est un pasteur et professeur de théologie luthérien. Sa mère, née Henriette Frances Berry, décède alors qu'il n'a que dix ans. En 1859, la famille est autorisée à ajouter le nom de la grand-mère, Domela, au nom de la famille afin que son nom ne disparaisse pas[5].
Il devient lui-même pasteur luthérien et commence à desservir différentes paroisses hollandaises. Mais à la suite de différentes lectures (parmi lesquelles les œuvres de théologiens protestants libéraux, Ernest Renan et David Friedrich Strauss), il perd peu à peu la foi et arrête de prêcher en 1879.
Il a été marié 4 fois, trois de ses conjointes étant mortes en couches :
En 1881, Nieuwenhuis devient l'homme fort de la Ligue sociale-démocrate (SDB). La SDB combattait pour le suffrage universel et soutenait les actions des travailleurs socialistes, y compris la grève. Il défend le principe de la « grève générale » mais reste très critique vis-à-vis du syndicalisme[4].
Sous la houlette de Nieuwenhuis le parti devient de plus en plus important. En 1887, il fut condamné à une peine de prison pour avoir critiqué la royauté dans un article, bien qu'il ne soit pas certain qu'il ait effectivement écrit cet article. Il laisse le souvenir d'un orateur particulièrement bouillant, qui fait forte impression aux réunions d'ouvriers de l'industrie ou de l'agriculture[6].
En 1888, il est élu à la Seconde Chambre des États généraux (Tweede Kamer), une des deux chambres composant le parlement des Pays-Bas. Il a été le premier et à l'époque le seul socialiste élu au parlement. Il y a siégé jusqu'en 1891.
En sa qualité de député, il défend le suffrage universel, la journée de travail de huit heures, la protection des enfants, l'émancipation des femmes, les soins médicaux, la pension pour les personnes âgées. Il avance également des idées que les sociaux-démocrates, par la suite, jugèrent trop radicales : l'instauration de la république, l'émancipation des colonies, la lutte contre la guerre au moyen de grèves et par le refus de porter les armes[7].
Déçu par son expérience parlementaire, Domela, après 1891, évolue de plus en plus vers l'anarchisme, c'est-à-dire qu'il devint partisan d'un socialisme sans État. Dans cette forme de société, les entreprises devaient être gérées par des fédérations d'associations ouvrières, contrôlées par la fédération de communes. Les termes tels qu'autonomie, liberté réciproque, coopération sur base d'égalité, fédéralisme, décentralisation, déclarer la guerre à la guerre, etc., reviennent fréquemment sous sa plume.
En juin 1904, il organise le Congrès antimilitariste d'Amsterdam qui donnera naissance à l'Association Internationale Antimilitariste.
Sa bibliographie mentionne au moins cent soixante-deux livres et brochures et soixante-sept traductions.
Un musée est consacré à Ferdinand Domela Nieuwenhuis, à Heerenveen, province de Frise, Pays-Bas[8].