La base aérienne 721 est située à 8 km au sud de Rochefort. Son emprise concerne trois communes de Charente-Maritime : Soubise, Saint-Agnant et Échillais. L’entrée principale de la base est à Échillais.
En 1931, l’École des mécaniciens de l’Armée de l’air investit initialement le site du centre de l'« aéronavale » au nord du fleuve côtier « Charente » et à l’ouest du centre-ville de Rochefort. Dès le début des années 1960, l’évolution des effectifs et des techniques donne à l’École un aspect vieillissant et désordonné.
En 1964, l'École des Spécialistes des Télécommunications (ou BEST), antérieurement installée à Auxerre rejoint la base aérienne de Rochefort, intégrant l'Escadron d'Électronique Générale 1/317.
Alors qu’en 1969, le ministère de la Défense annonce le départ de l’École à Évreux, les réactions d'opposition sont unanimes dans le département. Albert Bignon, député du département de la Charente-Maritime, réussit in extremis à faire annuler la décision. L’École reste donc en Charente-Maritime ; une nouvelle localisation doit être trouvée rapidement.
Sans encore avoir choisi le site, l’Armée de l’air exige que soit construite une piste de 1 700 x 30 mètres sur le même site. En effet, celui de l’aéronavale comporte une seule piste en herbe utilisable de mai à octobre.
Après quelques études rapides, le choix du nouveau site se porte sur un espace situé dans les communes de Saint-Agnant, d'Échillais et de Soubise.
En mars 1971, Jean Morin, le nouveau maire de Rochefort, installe la structure indispensable à la réalisation de la piste d'aviation et le 29 juin 1973, le conseil municipal prend la décision de participer à la constitution du syndicat mixte pour la création et la gestion de l’aérodrome de Rochefort – Saint-Agnant. La ville doit participer à hauteur de 25 % à l’ensemble des dépenses induites par cette réalisation.
Le 23 octobre 1973, sur requête du préfet de Charente-Maritime, le conseil municipal demande que la piste soit d’une longueur de 2 200 mètres, acceptant toutefois que dans un premier temps elle soit limitée à une longueur de 1 800 mètres pour 45 mètres de largeur. Il faut attendre le 4 juillet 1975 pour que le conseil municipal approuve les statuts du syndicat mixte.
Ainsi, quatre années ont été nécessaires entre la pose de la première pierre de la base aérienne 721 et le lancement de la construction de la piste par Pierre Messmer, alors Premier Ministre.
La piste est mise en service le 10 octobre 1980, avec des caractéristiques différentes de celles prévues : 1 900 x 30 mètres.
Le 10 octobre 1980, Yvon Bourges, ministre de la Défense, inaugure l’École, l’une des plus importantes des écoles militaires françaises.
Ce grand chantier a coûté 500 millions de francs de l’époque, soit environ 350 millions d’euros d’aujourd’hui.
En 1986, la base aérienne reçoit le nom de l'adjudantPierre Gémot, ancien élève de l'école de Rochefort, mécanicien navigant[1] mort en service aérien commandé en Indochine le 20 octobre 1952.
De 2001 à 2002, le centre école de l'aéronautique navale de Rochefort est intégré à l'École de formation des sous-officiers de l'Armée de l'air.
En 2003, l’extension de la piste est réalisée, portant ses dimensions à 2 280 mètres x 45 mètres.
La piste permet l’atterrissage et le décollage d’appareils militaires, rejoignant leur plate-forme aéroportuaire située au nord du terrain ; les appareils civils peuvent aussi l'utiliser tout en roulant vers l’aérogare installée au sud. Cette dernière est gérée par le conseil départemental de la Charente-Maritime.
Commandement des écoles des sous-officiers et des militaires du rang de l'Armée de l’air (ESOMAA).
Effectif
Les cadres permanents de la base sont près de 1 600, dont 500 instructeurs. Le nombre d'élèves et de stagiaires varie au cours de l'année : il peut atteindre 2 500, dont 500 viennent de la Marine nationale.
Charentais et ancien élève de l'École de Rochefort, il a été mécanicien « avion » et mécanicien navigant.
Né à Vitrac en Dordogne, il s'engage à l'École des mécaniciens de Rochefort à l'âge de 17 ans. Il en sort breveté mécanicien à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Il participe à trente missions de bombardement au-dessus de l'Allemagne nazie et de la France occupée. Il est cité deux fois à l'ordre de l'armée aérienne pour son courage, pour son sang-froid et pour sa compétence.
En 1945, il reçoit la Médaille militaire, étant alors sergent-chef. Il participe par la suite à plusieurs missions souvent difficiles et obtient deux lettres de félicitations.
Le 20 octobre 1952, il est tué en service aérien alors qu'il est mécanicien navigant au Groupe I/34 Béarn[6]. En tout, il a à son actif 3 000 heures de vol et 56 missions de guerre.
Il est l'un des rares sous-officiers parrainant une base aérienne.
Insigne de la base aérienne
Cet insigne est le résultat d'un concours qui date de 1952 auquel les cadres et élèves de la base ont participé. Le graveur Henri Courtois (alors à Paris) a réalisé l'insigne.
Sa signification se résume en reprenant chaque élément qui le compose :
le « secteur denté ajouré » symbolise la mécanique ;
le « tireur puissamment agenouillé au sol avec un effort qui engendre le mouvement » personnifie le mécanicien ;
la « flèche doublée d'une aile stylisée que le vent de la vitesse affine » symbolise l'essor de l'avion ;
Les Dolmens de la Sauzaie, situés dans l'emprise de la base, ont été déplacés de leur emplacement d'origine, lors de la construction de la piste. Ils sont classés monuments historiques depuis 1938.
↑À titre de comparaison, les administrations du département — notamment le conseil général de la Charente-Maritime ou la mairie de La Rochelle — et les centres hospitaliers — de La Rochelle et Saintes — emploient environ 2 000 personnes.
Patricia Nomballais et Olivier Taprest, Base école de Rochefort : 80 ans de formation aéronautique, Nouvelles Éditions Bordessoulles, , 144 p. (ISBN978-2-36466-008-3)