Classé MH (1963, basilique de la Daurade (église, y compris sa colonnade monumentale, la façade sur la rue de la Daurade et le passage couvert sur la rue Peyrolières)) et Classé MH (1994, basilique de la Daurade (façade et toiture du presbytère)) [1] Classé MH (1995, prieuré de la Daurade (latrines, comprenant la tour dans son intégralité, bouches d'évacuation, conduites, fosse et puits)[2]
Le monastère est un des plus anciens lieux de culte de la ville, puisqu'il est déjà connu au Ve siècle. En 1077, il devient un prieuré rattaché à l'abbaye bénédictine de Moissac, elle-même affiliée à l'ordre de Cluny. Au début du XIIe siècle, des travaux importants sont entrepris et se poursuivent jusqu'à la fin du siècle, alors qu'on élève une nouvelle église, un cloître et des bâtiments communautaires. Le monastère est alors puissant et riche : il contrôle au Moyen Âge, entre autres, le pont de la Daurade et les moulins du même nom, qui lui permettent de percevoir de considérables revenus.
En 1627, les Bénédictins de la Daurade s'unissent à la congrégation de Saint-Maur. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, l'église est démolie pour laisser la place à des bâtiments de style néo-classique. La Révolution française porte un coup fatal au monastère. Les bâtiments monastiques accueillent la nouvelle manufacture des cotons, puis des tabacs de François-Bernard Boyer-Fonfrède, avant d'être occupée par l'École des beaux-arts. Le cloître ne survit donc pas et est démoli en 1811.
Histoire
Au XVIe siècle, le prieuré de la Daurade connaît une histoire troublée. Plusieurs moines, gagnés par la Réforme calviniste, abandonnent le monastère.
À la Révolution française, le monastère de la Daurade connaît d'importants bouleversements. Les congrégations religieuses sont interdites en 1790 et le monastère devient bien national. L'église devient une église paroissiale. Les bâtiments monastiques sont vendus en 1791 au Bordelais François-Bertrand Boyer-Fonfrède. Il y établit son hôtel particulier et une fabrique d'indiennes. En , il vend son domaine à l’État, qui y installe une manufacture des tabacs. Après un incendie en 1816, la manufacture est déménagée en 1823 sur un nouveau site, élevé en 1821 près des allées de Brienne.
Par une ordonnance du 26 juin 1823, Louis XVIII y transfère l'école d'Arts et Métiers de Châlons en Champagne. Celui-ci n'aura néanmoins jamais lieu : une levée de boucliers menée en particulier par le Duc de La Rochefoucauld-Liancourt (fondateur des écoles d'Arts et Métiers) et le maire de Châlons, ainsi que les difficultés logistiques d'un tel déménagement, auront raison de ce projet qui sera finalement officiellement annulé par une autre ordonnance de Charles X le 6 juillet 1825[3].
Les bâtiments sont réaménagés en 1827. Les bâtiments servent encore de lieu de stockage à la manufacture jusqu’au début des années 1890.
Le , l’État cède à la ville l'ensemble des bâtiments pour y aménager l'école des Beaux-arts de Toulouse. Son installation amène la construction d'un nouveau corps de bâtiment en pierre de taille sur le quai reliant les ailes de l'ancien monastère. L'architecte Pierre Esquié dessine en 1895 une façade en pierre de style éclectique.
Architecture
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Vestiges de l'église paléochrétienne
Il subsiste encore des vestiges de l'ancienne église paléochrétienne du IVe siècle ou Ve siècle détruite en 1761, dispersés à travers le monde : des colonnes se trouvent à la villa dite "abbaye de Roseland" à Nice, au Louvre-Lens, au Metropolitan Museum of Art de New-York, une encore au fond de la Garonne près de Muret. À Toulouse, trois colonnes (une de chaque type) sont exposées au musée Saint-Raymond et deux se cachent dans la cour du 4 rue Joutx-Aigues. Un fragment de la mosaïque murale dorée se trouve également dans les collections du musée Calvet d'Avignon.
Vestiges et représentations de l'église paléochrétienne
Les trois types de colonnes de l'ancienne église de la Daurade
Chapiteau composite et colonne à cannelures torses profondes
Chapiteau ionique et colonne ornée de pampres
Chapiteau corinthien et colonne à cannelures torses peu profondes
Jacqueline Caille, Sainte-Marie « La Daurade » à Toulouse. Du sanctuaire paléochrétien au grand prieuré clunisien médiéval, coll. « Archéologie et histoire de l'art », no 18, Éditions du CTHS, Paris, 2007, 353 p. (ISBN978-2-7355-0536-4)
L’ancienne église Sainte-Marie La Daurade à Toulouse, Guides archéologiques du musée Saint-Raymond, 2010.
Quitterie Cazes, « La sculpture à Toulouse autour de 1200 : le portail de la salle capitulaire de la Daurade », Le temps de la bataille de Muret (), Actes du 61e Congrès de la Fédération historique de Midi-Pyrénées, 2014, p. 459-472.