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Federico Hermanin (1868-1953) est un critique d'art et muséologue italien.
Federico Hermanin est né à Bari le 16 septembre 1868, fils de Ferdinando Leopoldo Hermanin de Reichenfeld (1835–1907), officier d'état-major et aide de camp honoraire du roi Umberto Ier, et de Camilla Marstaller (1849–1923). Ses parents étaient des protestants d'origine austro-allemande[1].
Federico Hermanin épouse Margherita Hausmann (1871-1937), fille du consul danois à Bari[2].
Entré à La Sapienza, Federico étudie à Rome auprès d'Ernesto Monaci, professeur de langues et littératures néo-latines, acquérant une solide formation philologique. Il obtint son diplôme en 1895. À partir de 1896, il se passionne pour l'histoire de l'art et suit les cours d'Adolfo Venturi. Il décroche dans la foulée une bourse[3]. Il achève sa formation au Gabinetto Nazionale delle Stampe, aujourd'hui Istituto nazionale per la grafica, qui faisait alors partie de la Galleria Nazionale d'Arte Antica, créée en 1895 au Palazzo Corsini et dirigée par Venturi. Durant cette période, Hermanin, en collaboration avec P. Kristeller, catalogue la collection d'estampes et de dessins. Il devient inspecteur adjoint du Palazzo Corsini en 1898 et en prendra la direction en 1908[1].
Il publie, en deux parties, le catalogue des gravures anciennes représentant des vues de Rome dans l'annuaire ministériel Le Gallerie nazionali italiane[4]. En 1897, Hermanin est également commissaire de la première exposition du Gabinetto delle Stampe : une anthologie de vues romaines du XVe au XVIIIe siècle. En 1899, il est chargé d'inspecter d'autres collections italiennes d'estampes anciennes et d'établir un rapport sur leur état de conservation. Durant cette même période, il entame une collaboration avec la revue de Venturi, L'Arte, et jusqu'en 1908, il y rédige les comptes rendus bibliographiques pour la rubrique « Rivista delle rivista stranieri ».
En octobre 1900, lors de travaux de restauration dans la basilique romaine Sainte-Cécile-du-Trastevere, il découvre la grande fresque du XIIIe siècle représentant le Jugement dernier, qu'il attribue au peintre romain Pietro Cavallini. Après des recherches menées pour le compte du ministère à Naples, Assise et Florence, il dresse un catalogue des œuvres de Cavallini, en les replaçant dans le contexte de la scène picturale assise, et étudia la contribution de Giotto et de Cavallini à la naissance de la peinture italienne moderne[5],[6],[7].
À partir de 1901, il donne des cours d'art à l'université de Rome et, de 1902 à 1904, il enseigne l'histoire de l'art à la Scuola di perfezionamento[Où ?]. Il appuie la vision de Venturi – qui envisageait une continuité et une progression dans l'histoire de l'art italien – en approfondissant sa connaissance des artistes primitifs, puis en poursuivant son étude selon un critère évolutionniste.
En 1904, il participa à une étude sur les monastères de Subiaco, puis prend la direction de la Galleria Nazionale d'Arte Antica – modernisant l'agencement des expositions – et du Gabinetto Nazionale delle Stampa[8]. Il lance une campagne d'acquisition de tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, accueillant favorablement les propositions inspirées des études de Roberto Longhi sur le XVIIe siècle. En 1916, il réceptionne un don destiné à la Galleria Nazionale, le Narcisse du Caravage (aujourd'hui conservé au Palazzo Barberini)[9].
Jusqu'en 1933, il est responsable de l'acquisition de dessins d'architecture et de projets scénographiques pour le Gabinetto Nazionale delle Stampa : parmi celles-ci, les caricatures de Pier Leone Ghezzi[10], des œuvres graphiques de Giovanni Fattori, ainsi que des paysages et des vues de la ville et de Rome après sa destruction. Durant toutes ces années, il se consacre à l'édition d'un ouvrage sur l'histoire de la gravure[11].
Dès 1907, il publie, principalement dans le Bollettino d'arte, des études sur des peintures et des estampes acquises pour le compte de la direction des Beaux-Arts de l'État italien[1].
En 1908, il dirige temporairement le Musée national romain et la Galerie Borghèse ; en 1910, il prend la direction de la surintendance des Galeries et Musées de Toscane pour un an, en se concentrant sur la restauration des peintures de la Galerie des Offices. Il dirige également la restauration de monuments et d'œuvres d'art du Latium, comme les fresques médiévales de l'abside de San Silvestro à Tivoli (1908) et, sur ce même site, le groupe en bois de la Déposition (1921)[12]. Il étudie également les miniatures de l'école bolonaise dans les codex de la Bibliothèque apostolique vaticane[13].
En 1913, il est nommé surintendant des Galeries et Musées du Latium et des Abruzzes, poste qu'il occupe jusqu'à sa retraite en 1938. Après le tremblement de terre de Marsique en 1915, Hermanin se rend sur place, sauvant des œuvres d'art du vol et de la dispersion en les transférant à Rome, où elles sont exposées au musée du Palazzo Venezia[14].
L'aménagement et la restauration du musée du Palazzo Venezia sont dirigés par Hermanin à partir de 1916. Il participe, en tant que membre du comité exécutif, aux rétrospectives organisées au Castel Sant'Angelo pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'unification italienne. Il projette alors de doter la capitale italienne d'un musée qui, outre les peintures et les sculptures, exposerait également des œuvres d'art mineures, telles que des céramiques, des bronzes, des verreries, des ivoires, des textiles, des armes et des instruments de musique. Ce projet fut conçu comme une alternative au musée positiviste, dont l'organisation par époque et école paraissait monotone et froide aux non-initiés. Le musée, quant à lui, visait à présenter des reconstitutions complètes des époques passées[15].
En 1921, avec le soutien de Benedetto Croce, ministre de l'Éducation, Hermanin inaugura plusieurs salles du musée du Palazzo Venezia, exposant des œuvres d'art médiévales et de la Renaissance[16]. Il change alors le destin du Palazzo Venezia, qui devient le siège de la représentation gouvernementale. La même année, il fonde le Gruppo Romano Incisori Artisti, avec entre autres Luigi Bompard, Raoul Dal Molin Ferenzona, Edoardo Del Neri, Adolf Hirémy-Hirschl, Sigmund Lipinsky, Max Roeder, Aleardo Terzi, et William Walcot[17].
Il fonde la revue Roma en 1923 et, en 1925, en confie la direction à Carlo Galassi Paluzzi (1893-1972), qui en fait l'organe officiel de l'Istituto nazionale di studi romani (it), lequel s'aligne sur la politique culturelle du régime fasciste. Hermanin publie des monographies sur Giovanni Battista Piranesi[18], Ettore Roesler Franz et sur des artistes regroupés sous le nom de « XXV della campagna romana »[19].
À partir de 1924, Hermann supervise la restauration et la décoration des salles d'apparat du Palazzo Venezia. Lors de la restauration de la Sala del Mappamondo et de la Sala Regia, il découvre des traces de décorations picturales qu'il attribue à Mantegna et Bramante. En 1935, l'Istituto nazionale di studi romani lui commande une somme, L'art à Rome du VIIIe au XIVe siècle, ouvrage publié à Bologne en 1945.
En 1936, il commence la préparation d'un volume sur le Palazzo Venezia ; mais le déclenchement de la guerre et la chute du régime fasciste en retardent la publication. Après 1944, considéré comme proche de ce régime, il est contraint à la démission[1]. Dans ses mémoires, il révèle qu'il s'est opposé à Mussolini, en vain, lorsque celui-ci a voulu faire du Palazzo Venezio son quartier général[20].
Federico Hermanin meurt à Rome le 29 juin 1953.
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