Le site fut choisi pour le caractère exceptionnel et singulier du paysage : la ville nouvelle s'est en effet formée autour de l'amphithéâtre de la boucle de l'Oise. Ce site permettait de constituer une « ville-paysage » autour de la boucle de la rivière qui deviendrait son emblème. Il permettait en outre une organisation urbaine originale en fer-à-cheval : la forme apporterait une unité politique et administrative[1].
Histoire
Dans les années 1960, pour faire face au développement rapide de l'agglomération parisienne, on décida de la maîtriser et de l'équilibrer en créant plusieurs villes nouvelles autour de Paris.
La mise au point du premier Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) a été confiée à Paul Delouvrier, Délégué général au District de la Région de Paris de 1961 à 1969, qui a été à ce titre considéré comme le père des villes nouvelles en France.
Au nord-ouest de Paris, le choix se porta sur les environs de Pontoise dans une boucle de l'Oise. La ville ancienne devait s'intégrer dans un ensemble beaucoup plus vaste, dont le centre serait à Cergy, qui n'était alors qu'un village. Décidée dès 1965, l'implantation de la ville nouvelle se fera en plusieurs étapes[2], la cité-jardin de Tapiola en Finlande servant d'exemple[3]:
Le l'Établissement public d'aménagement (EPA) est créé.
En 1970 la préfecture du Val-d'Oise, en forme de pyramide inversée dessiné par Henry Bernard est ouverte. C'est le premier bâtiment de la ville nouvelle qui annonce le développement du quartier de la préfecture.
En 1971 le Syndicat communautaire d'aménagement (SCA) est créé. En juillet, un projet de liaison par Aérotrain entre la ville nouvelle de Cergy-Pontoise et le quartier d'affaires de la Défense dans les Hauts-de-Seine est dévoilé. Chaque rame doit transporter 160 passagers à 200 km/h[4].
Le marque la création officielle de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, comptant quinze communes (les douze communes présentes entre 2005 et 2012, plus Boissy-l'Aillerie, Méry-sur-Oise et Pierrelaye).
Le , l’État revient sur sa décision : le projet d'Aérotrain Cergy-La Défense est abandonné[5].
Caractéristique odonymique de la ville nouvelle : afin de garantir une certaine neutralité politique à la ville, et de marquer sa nouveauté, certains quartiers, en particulier celui de Cergy-le-Haut, présentent des ensembles de rues aux noms anhistoriques, choisis par les élèves des collèges de la ville. L'on peut ainsi rencontrer le chemin de la Surprise, l'avenue du Centaure, le passage des Neiges-d'antan ou bien la rue du Passeur-d'étoiles.
Urbanisme et architecture
Formes urbaines
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L’urbanisme des premières années de la ville-nouvelle repose sur deux concepts : la maille et la dalle.
La maille : chaque quartier devait être découpé en îlots de six cents logements, chacun étant desservi par une école maternelle et une école élémentaire. Un collège devait desservir plusieurs îlots, soit deux mille logements environ.
La volonté de préserver les écoliers conduisit à rejeter les circulations automobiles en périphérie de l’îlot constituant ainsi une maille. L’école étant située au centre de l’îlot piétonnier "protégé", les enfants pouvaient aller à l'école à pied sans croiser le trafic motorisé.
Pour éviter l’isolement des îlots, on rechercha la continuité des allées piétonnières grâce à des passerelles et on constitua ainsi un réseau maillé à travers toute la ville et indépendant des circulations automobiles.
Le centre-ville à proprement parler devait cumuler les fonctions et services d'un chef-lieu de département et d'un centre-ville : administrations, commerces, bureaux, établissements universitaires. On retrouve ici aussi le principe de ségrégation des différents modes de circulation mais sous une forme différente : la dalle.
Le retour aux formes traditionnelles (années 1980)
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L'Axe majeur, symbole architectural de la ville nouvelle, est une œuvre monumentale de 3 km de long conçue par l'artiste Dani Karavan.
Inscrit dans le site de la boucle de l'Oise, ce projet urbain comporte 12 stations : la Place des colonnes-Hubert Renaud, place semi-circulaire délimitée par le bâtiment de Ricardo Bofill. En son centre se trouve la tour Belvédère : haute de 36 m, elle est l'origine d'un rayon laser vert marquant l'Axe majeur. Viennent ensuite le Jardin des Impressionnistes, l'Esplanade de Paris, dont le pavage provient du Louvre. Sur cette esplanade, se situent les douze Colonnes. En descendant vers l'Oise, on trouve ensuite le jardin des Droits de l'homme, l'Amphithéâtre, la Scène, la Passerelle, l'Ile Astronomique, la Pyramide et la Carrefour de Ham.
Réalisé en plusieurs étapes depuis les années 80, les dernières stations (amphithéâtre, scène et passerelle) sont en cours d'achèvement.
Dans la ville nouvelle se sont construits de nombreux bâtiments : tour 3M (1976), tour EDF-GDF (1974), établissements d'enseignement et administratifs.
Cergy-Pontoise, 20 ans d'aménagement de la ville, 1969-1989, éditions Moniteur Images, 1989, 144 pages
Hirsch, B., L'Invention d'une ville nouvelle : Cergy-Pontoise, 1965-1975, récit d'un témoin, préf. Jean-Eudes Roullier et Guy Salmon-Legagneur, Presses de l'École nationale des Ponts et Chaussées, Paris 1990, 293 p. (ISBN2-85978-140-4) ; rééd. 2000, 309 p. (ISBN2-85978-332-6).
Gex, L. Masqué, J-M. Pagès, L., Cergy-Pontoise : Terre des possibles, Autrement, 2007, 204 pages.
Warnier, B., Cergy-Pontoise du projet à la réalité, Pierre Mardaga éditeur, 2004, 144 pages.
* Vincent Guigueno, « Un objet en quête de territoire l'aérotrain de Jean Bertin et la ville nouvelle de Cergy-Pontoise », dans Habiter les villes nouvelles, coll. « Gérer les villes nouvelles », (ISBN9782748173123, lire en ligne), p. 63-67.
Liens externes
Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
↑Cette ligne fut remplacée par la liaison Gare de Paris-Saint-Lazare-Cergy, mise en service en avril 1979 en correspondance à Nanterre-Université avec le RER A vers La Défense, puis intégrée en 1988 au niveau de Nanterre-Préfecture comme branche A3 du RER A.