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Basil « Manenberg » Coetzee ( - ) est un saxophoniste et flûtiste sud-africain de jazz. Figure majeure du Cape jazz, il est notamment connu pour sa collaboration avec le pianiste Abdullah Ibrahim et pour sa participation à l'album Mannenberg, devenu un symbole culturel de la résistance à l'apartheid.
Basil Coetzee est né dans le quartier multiculturel de District Six, au Cap, en Afrique du Sud[1]. Autodidacte, il apprend successivement le penny-whistle, la batterie, la flûte puis le saxophone ténor, instrument auquel son nom restera associé. Les expulsions forcées de la population de District Six à la suite de l'application du Group Areas Act obligent sa famille à s'installer dans le township coloured de Manenberg en 1969[2].
Dans les années 1960 et 1970, alors que des musiciens de jazz comme Hugh Masekela, Abdullah Ibrahim, Chris McGregor, Dudu Pukwana (en), Johnny Dyani (en), ou Louis Moholo choisissent l'exil en raison de la répression du régime d'apartheid, Coetzee demeure en Afrique du Sud et poursuit sa carrière malgré les difficultés économiques, travaillant notamment dans une usine pour subvenir à ses besoins[3].
En 1974, il participe à l'enregistrement de l'album Mannenberg – Is Where It's Happening avec Abdullah Ibrahim[1]. L'œuvre connaît un immense succès populaire et devient l'un des hymnes informels du mouvement anti-apartheid. Le surnom de « Manenberg » lui est alors durablement associé[3].
Au cours des années 1980, Coetzee se produit lors de manifestations organisées par le United Democratic Front (UDF). En 1986, il fonde le groupe Sabenza avec Paul Abrahams, James Kibby et Vic Higgins. L'année suivante, le groupe participe au festival Culture in Another South Africa (CASA), organisé à Amsterdam par l'African National Congress et le gouvernement néerlandais[3].
À partir de 1988, il effectue des tournées en Europe et enregistre plusieurs albums, notamment Sabenza et Monwabisi. Il collabore régulièrement avec Abdullah Ibrahim après le retour de celui-ci d'exil et participe à la fondation de l'école de musique Musical Action for People's Power (MAPP) au Cap[3]. Après le retour d'Abdullah Ibrahim d'exil, Coetzee joue régulièrement dans les différents groupes d'Ibrahim. En parallèle, le groupe Sabenza est actif sur la scène locale.
Basil Coetzee contribue à l'émergence d'un style de jazz sud-africain (en) mêlant le hard bop américain aux rythmes traditionnels du marabi et du kwela. C’est ce mélange qui a donné au jazz sud-africain une grande partie de sa sonorité caractéristique et de son caractère enjoué et affirmé. Et c’est précisément cette affirmation et ce mélange d'influences que le gouvernement de l’apartheid détestait[3]. Mountain Records (en), qui sera son label tout au long de sa carrière, décrit Coetzee comme suit :
« Son timbre de ténor rauque et distinctif, ainsi que son attachement indéfectible à ses racines culturelles, ont fait de lui l'un des jazzmen les plus célèbres d'Afrique du Sud. [...] Basil a beaucoup tourné et enregistré avec Brand (Abdullah Ibrahim). Avec Robbie Jansen, ils ont créé le son cuivré unique du groupe The Pacific Express, inspirant de nombreux jeunes musiciens de jazz du Cap[4]. »
Un article du Scotsman rapporte que « Coetzee a développé un son instrumental soul, influencé par le gospel, qui avait une urgence brute et passionnée à sa base. Il expliquait souvent que son son était le reflet de la vie qui l’entourait, un produit du fait qu’« il y a beaucoup de pauvreté dans les townships, et les gens sont frustrés, et mon son est créé dans cet environnement »[5] ».
Basil Coetzee est décédé dans la nuit du , après une longue lutte contre le cancer. Il est le père de cinq enfants et le grand-père de six petits-enfants. Ses obsèques ont lieu le à Mitchell's Plain, et il repose au cimetière Garden of Eden à Ottery. Abdullah Ibrahim fut parmi ceux qui rendirent hommage à Basil lors de ses funérailles, annonçant notamment la création d'une académie de musique Basil Manenberg Coetzee en sa mémoire[3]. Son fils, Basil Coetzee Jr., joue du saxophone durant la cérémonie[réf. souhaitée].
Basil Coetzee enregistre entre 1962 et 1997, jouant du saxophone ténor et de la flûte. Il compte à son actif 18 séances d'enregistrement, mais ses compositions originales figurent uniquement sur ses albums parus chez Mountain Records. Ces albums solo :
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