Peter Killworth

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Peter Killworth
Peter Killworth
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Biographie
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SouthamptonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Directeur de thèse
Adrian Gill (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Peter D. Killworth est un scientifique anglais connu pour ses travaux en océanographie et sur l'étude des réseaux sociaux. Auteur prolifique, il publie plus de 160 articles scientifiques au cours de sa carrière[1]. Il est également connu pour avoir été l'un des auteurs pionniers de jeux de fiction interactive textuelle au début des années 1980.

Peter Killworth est né le et mort le de la maladie de Charcot.

Océanographie

Lorsque deux courants (ici le courant Oyashio et le Kuroshio) entrent en collision, ils créent des tourbillons — la modélisation de ce type d'événement constitue un volet essentiel de la carrière de Peter Killworth.

Peter Killworth est pendant d'une grande partie de sa carrière océanographe, utilisant les mathématiques appliquées pour comprendre la dynamique océanique (en). Il a des intérêts variés couvrant l'ensemble de l'océanographie physique, notamment l'étude de la glace, des polynies, des ondes de Rossby, des instabilités (en) et des tourbillons de turbulence. Il achève son doctorat sur les Numerical studies in Dynamical Oceanography au Trinity College de l'université de Cambridge en 1972. Après une année de recherche en Californie, il retourne à Cambridge pour travailler avec son ancien directeur de thèse, Adrian Gill[2] et passe les douze années suivantes au sein du Faculty of Mathematics, University of Cambridge (en), dont la dernière partie en tant que chercheur (Research Fellow) à Clare Hall[3]. Il conserve des liens étroits avec les États-Unis durant cette période, notamment en enseignant à la Woods Hole Oceanographic Institution.

En 1985, il s'installe à Oxford pour rejoindre le Robert Hooke Institute, exerçant également comme chercheur (Research Fellow) à Wolfson College, puis comme membre (Fellow) de St Cross College. À Oxford, il « constitua et dirigea une équipe de recherche à la pointe de la modélisation océanique numérique »[2]. À la fermeture de l'institut, devenu entre-temps l'unité d'océanographie du NERC, il rejoint Southampton en 1995 pour bâtir une équipe au Southampton Oceanography Centre, aujourd'hui le National Oceanography Centre, Southampton (en), en se consacrant à la modélisation des processus océaniques. C'est durant ces années qu'il fonde la revue Ocean Modelling, laquelle devient rapidement l'une des principales revues d'océanographie[2], atteignant en 2005 le facteur d'impact le plus élevé de toutes les revues d'océanographie physique[4].

Le travail de Killworth est récompensé de plusieurs manière. Il reçoit une bourse de l'Union américaine de géophysique en 2000 ; la médaille Fridtjof-Nansen de l'European Geophysical Society en 2002[5] et la médaille de recherche Stommel de l'American Meteorological Society en 2008, pour « ses nombreuses contributions importantes à la modélisation océanique et à l'océanographie théorique »[1]. Après sa mort en 2008, le National Oceanography Centre britannique crée le Peter Killworth Memorial Fund, destiné à « fournir une bourse annuelle aux étudiants afin de soutenir leurs recherches, leurs études et leur développement professionnel » et « à honorer l'engagement de Peter en faveur du développement et de l'encouragement des carrières des jeunes scientifiques »[1].

Réseaux sociaux

Le modèle de la théorie du petit monde.

Killworth est également connu pour ses travaux sur les réseaux sociaux, appliquant la modélisation mathématique à la recherche empirique en anthropologie. Ses travaux dans ce domaine débutent en 1972, lorsqu'il rencontre l'anthropologue américain H. Russell Bernard (en) à la Scripps Institution of Oceanography en Californie. Bernard mène alors des recherches à bord d'un navire océanographique, étudiant comment différents acteurs sociaux interagissent et se connaissent entre eux. Killworth propose d'appliquer l'« algorithme du problème de trafic de Baltimore » aux défis de recherche que cela posait[6]. Au cours des années suivantes, ils travaillent de manière approfondie sur le concept dit du « petit monde », en examinant les écarts entre les réponses à des questions telles que « combien de personnes une personne moyenne pense-t-elle connaître ? » et « combien de personnes une personne moyenne connaît-elle réellement ? ».

L'intérêt de Killworth pour les réseaux sociaux se concentre de plus en plus sur des questions difficiles, portant sur des sujets pour lesquels les réponses individuelles aux questionnaires ne peuvent être considérées comme fiables, ou risquent de ne pas l'être, et pour lesquels les données empiriques directes font défaut — des « populations apparemment incalculables »[7]. Il tient à souligner les implications pratiques de ce type d'anthropologie, rappelant qu'avant de « décider du montant à consacrer à un problème social, il faut savoir quelle est l'ampleur de ce problème. Que l'Américain moyen connaisse 290 personnes ou 2 900 n'a peut-être d'importance que pour les scientifiques, mais cela compte beaucoup si l'on veut savoir si des populations comme celle des sans-abri augmentent ou diminuent »[6]. Killworth est fier de la contribution de ses modèles à la mesure précise de questions essentielles, telles que la taille réelle de la population séropositive, ou le nombre de victimes de viol dans des communautés données[7].

L'un des résultats académiques de ces travaux est une remise en question du théorème connu sous le nom de nombre de Dunbar. Ce théorème postule l'existence d'une limite cognitive théorique au nombre de personnes avec lesquelles un individu peut entretenir des relations sociales stables — des relations dans lesquelles l'individu sait qui est chaque personne, et comment chaque personne est liée à toutes les autres[8]. Le nombre de Dunbar n'est pas issu d'une observation systématique du nombre réel de relations entretenues par les personnes vivant dans le monde contemporain. Killworth et ses collaborateurs mènent plusieurs études de terrain aux États-Unis, qui aboutissent à une moyenne estimée de liens — 290 — soit environ le double de l'estimation de Dunbar. Il ne s'agit pas d'une moyenne de moyennes d'études, ni d'une hypothèse théorique, mais d'un résultat obtenu à plusieurs reprises[9],[10]. En 1997, Killworth et Bernard sont les intervenants principaux de la réunion annuelle « Sunbelt » de l'International Network for Social Network Analysis, où ils présentent l'ensemble de ces travaux.

Bien que principalement connu pour sa collaboration avec Bernard, Killworth mène également divers travaux avec les chercheurs en réseaux sociaux Chris McCarty, Gene Shelley et Gene Johnsen[7].

Conception logicielle

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, le Department of Applied Mathematics and Theoretical Physics (en) de Cambridge est au Royaume-Uni l'un des principaux centres des débuts du jeu d'aventure textuel en fiction interactive, utilisant le système informatique Phoenix (en) de l'établissement. Peter Killworth écrit le jeu pionnier sur ordinateur central Brand X avec son collègue mathématicien Jonathan Mestel[11]. La filiale logicielle d'Acorn Computers étant établie non loin de son département de Cambridge, Acornsoft (en) acquiert rapidement les droits de Brand X, qui est commercialisé sur ordinateur BBC Micro sous le titre Philosopher's Quest (en)[11]. D'autres jeux suivent, dont Castle of Riddles (en), Countdown to Doom (en), Return to Doom et Last Days of Doom, ces derniers étant édités par Topologika (en). Killworth décrit ces jeux comme « des festivals de puzzles assumés, où l'on peut mourir de multiples façons (espérons-le amusantes) — mais la fonction "annuler" permet d'y remédier — et où il est très facile de rester bloqué »[12]. Killworth publie en 1984 un ouvrage consacré à l'écriture et à la théorie des jeux d'aventure textuels[13].

Killworth se tourne également vers d'autres applications de programmation et « travaille sur le logiciel de tracé de graphiques Tau pour RISC OS, après avoir repris le développement du logiciel auprès de son auteur original, Tim Birks »[14]. Il contribue également fréquemment à l'évolution des logiciels EasiWriter et TechWriter (en), édités par Icon Technology (en)[14].

Autres activités

Peter Killworth est également un passionné de magie amateur, membre pendant de nombreuses années du Pentacle Club (en) de l'université de Cambridge. Il est l'auteur du logiciel Paul Daniels' Magic Show, publié sous la marque graphique Acornsoft pour l'ordinateur BBC Micro en 1984, qui proposait une série d'illusions magiques réalisables à l'aide des premiers micro-ordinateurs.

Notes et références

Références

  1. a b et c [1]
  2. a b et c « National Oceanography Centre, Southampton - News 440 » [archive du ] (consulté le )
  3. « Archived copy » [archive du ] (consulté le ).
  4. « Peter Killworth » [archive du ] (consulté le )
  5. « EGU: Awards & Medals » [archive du ] (consulté le )
  6. a et b « Are you average and know 290 people? » [archive du ], sur Old.post-gazette.com (consulté le )
  7. a b et c « Peter Killworth » [archive du ] (consulté le )
  8. Malcolm Gladwell, The Tipping Point – How Little Things Make a Big Difference, Little, Brown and Company, , 177–181, 185–186 (ISBN 0-316-34662-4, lire en ligne Inscription nécessaire)
  9. McCarty, C., Killworth, P.D., Bernard, H.R., Johnsen, E. and Shelley, G. "Comparing Two Methods for Estimating Network Size", Human Organization 60:28–39. (2000).
  10. Bernard, H. Russell, Gene Ann Shelley et Peter Killworth, « How Much of a Network does the GSS and RSW Dredge Up? », Social Networks, vol. 9,‎ , p. 49–63 (DOI 10.1016/0378-8733(87)90017-7, lire en ligne [archive du ] Accès payant, consulté le ) :

    « H. Russell Bernard. 2006. "Honoring Peter Killworth's contribution to social network theory." Paper presented to the University of Southampton »

  11. a et b Nick Montfort (2005). Twisty Little Passages: An Approach To Interactive Fiction. MIT Press. p. 115–116. (ISBN 0-262-63318-3).
  12. « <ADFS::HardDisc4.$.HTML.soft/HTML> » [archive du ] (consulté le )
  13. Killworth, Peter. How to Write Adventure Games. Penguin Books: London, 1984. (ISBN 978-0-14-007814-5).
  14. a et b « Drobe.co.uk archives » [archive du ], sur Drobe.co.uk (consulté le )

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