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| Fondation |
Juin 2021 |
|---|
| Type | |
|---|---|
| Mouvement |
21st-century anti-trans movement in the United Kingdom (en) |
| Fondateur |
Stella O'Malley |
|---|---|
| Personnes clés |
Stella O'Malley (en) Quentin Van Meter (en) Graham Linehan Josh Payne (d) Jennifer Sey (en) Eithan Haim (d) Shawn Thierry (en) Peter Boghossian Stephen Levine (en) Lionel Shriver Lisa Littman Abigail Shrier |
| Affiliation |
Society for Evidence-Based Gender Medicine |
| Idéologie |
Activisme anti-transgenre (d) |
| Site web |
[genspect.org genspect.org] |
Genspect est un groupe international de plaidoyer opposé à la transidentité, fondé en juin 2021 par la psychothérapeute Stella O'Malley[1],[2],[3],[4]. Genspect s'oppose aux soins d'affirmation du genre ainsi qu'à la transition sociale et médicale pour les personnes transgenres[5]. Genspect s'oppose à ce que les personnes transgenres de moins de 25 ans puissent entamer une transition[6],[7],[8], et aux lois qui interdiraient les thérapies de conversion concernant l'identité de genre[9]. Genspect soutient également le concept de dysphorie de genre à apparition rapide, qui théorise une sous-catégorie de dysphorie de genre causée par l'influence des pairs. Cette théorie a été rejetée par les principales organisations médicales en raison du manque de preuves et des dangers associés à la stigmatisation des soins d'affirmation du genre[10],[11],[12].
Les positions de Genspect contredisent celles d'organisations médicales majeures telles que la World Professional Association for Transgender Health (WPATH), l'Endocrine Society, l'American Psychiatric Association, l'American Psychological Association et l' American Academy of Pediatrics[13],[9],[11],[14],[15], cette dernière affirmant que « des preuves solides démontrent que l'accès à des soins d'affirmation de genre diminue le risque d'idées suicidaires, améliore la santé mentale, la santé et le bien-être en général des jeunes transgenres et de diverses identités de genre »[13].
Genspect est étroitement lié à la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM) : sept conseillers de la SEGM font partie de l’équipe de conseil de Genspect, dont son fondateur, Stella O’Malley[16]. Genspect regroupe des parents, des éducateurs, des conseillers, des cliniciens[13],[9], et des personnalité ayant fait une détransition de genre[17]. Le Southern Poverty Law Center classe Genspect et la SEGM comme groupes de haine anti-LGBTQ depuis 2023[18],[19],[20],[21].
Alors que Genspect se présente comme une « coalition modérée et fondée sur des preuves, composée de parents et de cliniciens inquiets », des fuites de conversations provenant d'un serveur Discord communautaire géré par Genspect ont révélé que ses membres utilisaient ouvertement un langage d'extrême droite, qualifiant notamment les personnes transgenres de « pervers », de « pédophiles » et de « secte », et promouvant des théories du complot. Ils affirmaient par exemple que la transidentité était causée par l'utilisation des réseaux sociaux, le visionnage de pornographie et d'anime, ainsi que la pratique du cosplay. Ils soutenaient également Jennifer Bilek, une militante anti-trans influente au Royaume-Uni, qui affirme que des milliardaires juifs financeraient des chirurgies d'affirmation de genre dans le monde entier dans le cadre d'un « projet transhumaniste visant à abandonner totalement le corps ». Des membres ont également comparé les soins d'affirmation du genre à des lobotomies et à la consommation d'opioïdes, déclaré que le mouvement transgenre était dirigé par des « hommes autogynéphiles et pédophiles » qui profitaient des « changements de société qui favorisent leurs fétiches »[17].
En juin 2021, le quotidien britannique conservateur The Daily Telegraph a publié un article à l'occasion du lancement de Genspect. Stella O'Malley y affirmait que des parents étaient choqués que des enfants en questionnement sur leur identité de genre se voient prescrire des médicaments « quelques semaines seulement » après leur première consultation. Le National Health Service (NHS) a contesté cette affirmation, expliquant que l'accès aux soins d'affirmation du genre était généralement un « processus long »[22]. Stella O'Malley déclarait : « Nous pensons que l'approche affirmative est trop restrictive et ne tient pas compte des comorbidités, telles que l'autisme ou les traumatismes[22] ». Lors du lancement de l'organisation, une mère a témoigné auprès du Telegraph, affirmant que sa fille transgenre avait été « manipulée » à l'école et en ligne pour lui faire suivre un traitement hormonal. Sa fille lui avait révélé son identité transgenre à 14 ans, avait demandé à sa mère des bloqueurs de puberté à 16 ans (ce qu'elle avait refusé), et s'était vu prescrire un traitement hormonal par le NHS à 19 ans[22].
En août 2021, l'association Genspect est intervenue dans une affaire judiciaire mettant en cause le district scolaire de la ville de Rhondda Cynon Taf, dans le Pays de Galles Méridional, pour l'utilisation des pronoms préférentiels d'une élève dans le cadre scolaire sans information de ses parents[23]. Genspect a publiquement soutenu de nombreuses plaintes contre des professionnels de santé et a soutenu des parents dans leurs démarches pour empêcher la transition sociale d'enfant à l'école contre leur volonté. Genspect a déconseillé aux parents et aux établissements scolaires d'utiliser les prénoms et pronoms choisis par les enfants transgenres et a recommandé l'interdiction du tucking et du bandage de la poitrine[9].
Genspect a également milité contre l'accès à la transition de genre pour les personnes de moins de 25 ans[8],[24]. Concernant les soins d'affirmation de genre pour les personnes de plus de 25 ans, le vice-directeur de Genspect, Alasdair Gunn, a affirmé que leur focalisation sur la transition chez les jeunes était une stratégie politique visant à rallier les électeurs de gauche afin de, à terme, faire pression pour des restrictions sur la transition des personnes de tous âges. Gunn a précisé : « Aucun d'entre nous ne recommanderait jamais la transition à qui que ce soit. Nous parlons peu des personnes de plus de 25 ans, car il n'est pas dans VOTRE intérêt d'en parler. Nous devons convaincre les décideurs politiques de centre-gauche, et le meilleur moyen d'y parvenir est de nous concentrer sans relâche sur le problème de la transition pour les moins de 25 ans. »[24],[17]
Genspect a diffusé de fausses informations concernant le Boston Children's Hospital, affirmant que l'établissement pratiquait des vaginoplasties sur des mineures. Aucune intervention de ce type n'a été pratiquée. Genspect n'a présenté aucune excuse, prétendant que l'adolescence dure jusqu'à 25 ans et que, par conséquent, l'hôpital pratiquait bien des interventions chirurgicales sur des « adolescentes »[16].
En février 2023, Genspect, la Catholic Secondary School Parents Association, l'Association of Patrons and Trustees of Catholic Schools et l'Irish Education Alliance se sont opposés à un nouveau programme d'éducation sociale, personnelle et sanitaire, alors en cours de finalisation par le National Council for Curriculum and Assessment. Ce programme, dispensé sur trois ans aux jeunes de 12 à 15 ans, aborderait l'identité de genre, l'expression de genre et l'orientation sexuelle. Genspect a déclaré que le cours promouvait « une approche trop étroite de l'affirmation de genre et supposait que tous – élèves, parents et personnel scolaire – adhéraient au système de croyances relatif à l'identité de genre ». Le Transgender Equality Network of Ireland, l'organisation BeLonG2 Youth Services, le groupe de jeunesse Foróige et le Children's Rights Alliance ont salué les changements apportés au programme, mais ont estimé que le cours devrait être mis à jour afin d'inclure une discussion sur les pronoms à utiliser et de remplacer l'expression « sexe biologique » par « sexe assigné à la naissance »[25].
Certains membres de Genspect ont exprimé leur soutien au groupe anti-trans Gays Against Groomers et accusent les enseignants de manipuler les enfants pour qu’ils s’identifient comme transgenres. Ces membres ont également affirmé que la transidentité ne pouvait être causée que par une contagion sociale, via l’idée discréditée de « dysphorie de genre à apparition rapide », d’homosexualité refoulée ou comme conséquence de l’autisme, du TDAH ou d’un fétichisme[17].
En juillet 2021, Genspect est intervenu dans une affaire judiciaire en Arizona pour défendre l'exclusion par l'État de la couverture Medicaid pour les soins de santé des personnes transgenres[9].
En août 2022, Genspect a fait campagne contre le projet de loi 107 du Sénat de l'État de Californie, qui ferait de cet État un refuge pour les enfants et les familles transgenres fuyant les persécutions dans d'autres États[26].
Le 21 août, une décision du Conseil médical de Floride a mis fin à la prise en charge des soins de santé pour les personnes transgenres par Medicaid, quel que soit leur âge, malgré les recommandations en faveur des soins d'affirmation de genre formulées par l'American Medical Association, l'American Academy of Pediatrics, l'American Psychiatric Association et d'autres organisations médicales de premier plan[27]. Le Dr Patrick Hunter, membre du conseil de l'American Academy of Pediatrics, a retweeté la lettre de Genspect adressée à l'Académie. L'organisation journalistique Florida Phoenix a décrit le conseil de l'American Academy of Pediatrics comme étant « pleine de médecins anti-trans, dont certains sont affiliés à des mouvements marginaux anti-trans tels que Genspect et la Society for Evidence-based Gender Medicine[28]. »
Genspect, ainsi que d'autres organisations opposées à la transidentité en Europe, dont Cry For Recognition, Kirjo, Ypomini, Transteens Sorge Berechtigt, Genitori (De)generi, GenderIdentity Challenge Norway et GenderIdentity Challenge Sweden, ont signé une pétition créée par l'association AMANDA qui appelait l'Union européenne à interdire toute transition médicale de genre pour les mineurs en réponse à ce qu'ils appelaient la « dysphorie de genre à apparition rapide », qui n'est reconnue comme un diagnostic de santé mentale valide par aucune association professionnelle de premier plan[29].
En 2023, des fuites de conversations provenant d'un serveur Discord communautaire géré par Genspect ont révélé que la fondatrice, Stella O'Malley, affirmait sa conviction que la pornographie incitait les enfants à s'identifier comme transgenres et que son objectif ultime était de mettre fin à toutes les transitions de genre pour les mineurs, sans exception[17].
Genspect a témoigné contre le projet de loi néo-zélandais de 2022 visant à interdire les pratique de conversion, affirmant qu'il ne fallait pas interdire les thérapies de conversion concernant l'identité de genre[9]. La fondatrice, Stella O'Malley, milite pour une « thérapie exploratoire » pour soutenir la dysphorie de genre et a écrit et témoigné sur le risque porté par certains textes de loi relatifs aux thérapies de conversion de limiter l'accès aux thérapies exploratoires[30],[31],[32]. En 2023, des conversations divulguées d'un serveur Discord communautaire géré par Genspect ont révélé que des membres discutaient de la manière d'empêcher leurs enfants de s'identifier comme transgenres et de la façon de leur trouver un thérapeute spécialisé dans les thérapies de conversion. Les membres ont également exprimé ouvertement leur mépris pour les personnes qui décident d'entamer une transition de genre et pour les professionnels de santé qui soutiennent leur décision[17].
Le 9 août 2021, Stella O'Malley a cosigné une tribune intitulée « Le projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion pose problème aux thérapeutes » avec la psychologue Jacky Grainer et la médecin généraliste Madeleine Ní Dhailigh, publiée dans l'Irish Times, en référence au projet de loi irlandais de 2018 sur l'interdiction des thérapies de conversion. Dans cette tribune, elle critiquait l'inclusion de la notion de « suppression de l'identité de genre » dans la définition des thérapies de conversion présente dans le projet de loi[31]. L'Union of Students in Ireland a annoncé un boycott de l'Irish Times jusqu'à ce que le journal présente ses excuses pour cet article[33]. Le Trans Writers Union, avec de 1 400 signataires, et le journal étudiant Trinity News ont également annoncé un boycott du journal, dénonçant ce qu'ils considéraient comme une apologie des thérapies de conversion et un comportement transphobe[34],[11].
Le blog Science-Based Medicine a déclaré que l’expression « thérapie exploratoire » était un « langage acceptable » pour désigner les thérapies de conversion, en évoquant une stratégie juridique proposée par le sexologue Richard Green en 2017 qui préconisait de contourner les interdictions des « psychothérapies de conversion du genre » en les qualifiant d’« exploration ou de développement de l’identité de genre »[16]. Les recommandations standards de soins pour la santé des personnes transsexuelles, transgenres et de genre non-conforme encouragent une exploration saine du genre et soulignent que les tentatives visant à contraindre les jeunes de diverses identités de genre à « explorer leur genre » sans initiative de leur part « pouvaient être perçues comme pathologisantes, intrusives et/ou cisnormatives[16] ».
Après la publication du rapport Cass, Stella O'Malley a exprimé son inquiétude quant au fait qu'un projet de loi interdisant les thérapies de conversion proposé par le Parti travailliste britannique risquait de criminaliser « la thérapie que Cass estime devoir être prioritaire[35] ».
En novembre 2021, Genspect a organisé le premier rassemblement en ligne consacré à la théorie de la dysphorie de genre à apparition rapide, avec la participation de Lisa Littman, médecin et chercheuse à l'origine de cette théorie et conseillère clinique chez Genspect[36], le médecin David Bell et Stella O'Malley[14]. La dysphorie de genre à apparition rapide, qui n'a jamais été reconnue comme un diagnostic valide par aucune institution professionnelle de premier plan, a été citée dans des lois visant à restreindre les droits des adolescents transgenres et est contestée par l'Association mondiale des professionnels de la santé transgenre, l'American Psychiatric Association et l' American Psychological Association, ainsi que d'autres organisations médicales, en raison d'un manque de preuves scientifiques solides et d'importantes difficultés d'évaluation de cette théorie[11],[12],[14],[37],[10],[38].
En juillet 2021, en réponse à un éditorial de la revue Lancet Child & Adolescent Health[39] qui citait une statistique selon laquelle 1 % des personnes ayant effectué une transition éprouvent des regrets[40], Genspect a qualifié cette statistique d' « obsolète » du fait de la forte augmentation du nombre d’enfants souhaitant effectuer une transition[41],[42].
Le 12 mars 2022, Genspect a organisé une Journée de sensibilisation à la détransition[43],[14].
En janvier 2022, Genspect s'est opposé au projet de loi écossais Gender Recognition Reform Bill, autorisant le changement de genre à l'état civil après trois mois de vie dans un genre nouveau[43]. Stella O'Malley, fondatrice et directrice générale de Genspect, a déclaré que ce projet de loi était une « grave erreur » et a prédit qu'il pourrait entraîner une augmentation du nombre de personnes regrettant leur transition[43].
En août 2022, Genspect et l'organisation Family Education Trust ont publié une lettre critiquant les séances de lecture d'histoires par des drag queens et demandant leur arrêt, affirmant qu'il était « inapproprié » que des « hommes déguisés en femmes de manière grotesque » lisent des histoires à des enfants d'école primaire[44].
En mars 2022, Julia Mason, membre du conseil d'administration de SEGM et collaboratrice de Genspect, a proposé la résolution 27 avec quatre autres membres de l'American Academy of Pediatrics (AAP). Cette résolution demandait à l'académie de reconsidérer l'hormonothérapie comme premier traitement et appelait à une analyse des données probantes afin de mettre à jour sa déclaration de politique générale de 2018 sur les soins d'affirmation du genre. La résolution 27 n'a pas été adoptée, Genspect et les médecins à l'origine de cette résolution ont affirmé avoir été marginalisés et que l'AAP avait modifié ses procédures pour empêcher toute discussion à ce sujet.
En réponse, l'AAP a déclaré que les auteurs de la résolution avaient déformé les normes de soins actuelles, qui préconisent une prise en charge et une collaboration entre cliniciens et professionnels de la santé mentale. L'AAP a également indiqué que la procédure s'était déroulée normalement et que la résolution 27 n'avait pas été adoptée faute de cosignature et faute de l'accord d'une majorité de membres. Elle a précisé que les recommandations étaient déjà en cours d'examen, comme prévu dans la procédure habituelle, et qu'« il existe un large consensus parmi les plus importantes organisations médicales du monde sur le fait que des soins fondés sur des données probantes et respectueux de l'identité de genre pour les enfants et adolescents transgenres sont médicalement nécessaires et adaptés »[45],[46].
En juillet 2022, Genspect a demandé à l’AAP de procéder à un « examen systématique et impartial des données probantes » concernant ses recommandations de 2018 sur les soins d’affirmation du genre pour les enfants s’interrogeant sur leur identité de genre, affirmant que « nombre de nos enfants ont reçu ces soins et sont loin de s’épanouir »[13]. L’APP a déclaré mettre à jour sa déclaration intitulée « Fournir des soins cliniques d’affirmation de genre »[13], ajoutant que « des données probantes solides démontrent que l’accès à des soins d’affirmation du genre diminue le risque d’idées suicidaires, améliore la santé mentale, la santé et le bien-être en général des jeunes transgenres et de diverses identités de genre »[13].
En septembre, l'Association mondiale des professionnels de la santé transgenre a publié la huitième édition de ses standards de soin sur la santé des personnes transgenres[47]. Genspect s'est opposé à ces recommandations, affirmant qu'elles encourageaient les cliniciens à aloigner les parents, car les SOC8 recommandaient « lorsque des traitements médicaux ou chirurgicaux d'affirmation de genre sont indiqués pour les adolescents, que les professionnels de santé travaillant avec des adolescents transgenres et de genre non conforme impliquent le(s) parent(s) ou le(s) tuteur(s) légal(aux) dans le processus d'évaluation et de traitement, à moins que leur implication ne soit jugée préjudiciable à l'adolescent ou impossible. »[16] En réaction à un chapitre consacré aux eunuques qui « peuvent demander une castration pour mieux aligner leur corps avec leur identité de genre », Stella O'Malley a mis en garde contre « l'émergence d'une nouvelle idéologie sacrée qu'il est impossible de critiquer » et, comparant cette idéologie avec l'Église catholique, a déclaré : « Cela attirera inévitablement des personnes de mauvaise foi. »[47]
En avril 2023, Genspect et l'Association européenne des professionnels de la santé transgenre (Epath) ont organisé à Killarney en Irlande des conférences présentant des points de vue divergents sur les soins de santé aux personnes transgenres[48]. Parmi les intervenants de la conférence de Genspect figuraient des personnes ayant effectué une détransition, le sexologue Ken Zucker, la chercheuse Maya Forstater et l'écrivaine Helen Joyce[48]. Jon Arcelus, coprésident du SOC8, était l'un des intervenants à la conférence d'Epath[48].
Genspect a publié neuf brochures destinées aux parents, aux écoles, aux universités, aux psychothérapeutes et aux pédiatres, qui promeuvent une approche non conforme aux normes, paradigmes et modèles reconnus par les communautés scientifiques qu'elles citent. Ces publications s'appuient de manière sélective et stratégique sur des articles parus dans des revues non évaluées par les pairs et sur des articles rédigés par des experts en communication scientifique généralement non impliqués dans la recherche scientifique. Elles recommandent notamment aux parents de ne pas utiliser les prénoms et pronoms choisis par leurs enfants, d'employer un langage genré fondé sur le sexe plutôt que sur le genre, et de maintenir des toilettes séparées selon le sexe plutôt que le genre[15].
En 2025, Genspect « a fortement insisté sur la nécessité de reconnaître l’identification transgenre comme un trouble pathologique caractérisé par une croyance extrêmement surévaluée », reprenant le langage utilisé pour décrire les causes du terrorisme[49],[50].
Genspect est étroitement lié à la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM) : Julia Mason, Marcus Evans, Roberto D'Angelo, Sasha Ayad, Stella O'Malley, Lisa Marchiano et Avi Ring sont conseillers de la SEGM et font partie de l'équipe ou du conseil de Genspect[16]. Le Trans Safety Network a décrit la SEGM comme un « groupe de réflexion psychiatrique et sociologique anti-trans » qui est marginal, et a indiqué que la majeure partie de son financement provenait de dons supérieurs à 10 000 $[51],[52].
En réponse aux tentatives de législateurs en Alabama et au Texas d'interdire les soins d'affirmation du genre pour les mineurs, un rapport a été rédigé par un professeur de droit et six médecins et psychologues travaillant auprès d'enfants et d'adolescents transgenres. Ces chercheurs ont souligné que la SEGM, citée par le procureur général du Texas, Ken Paxton, est « biaisée » et « n'est pas une association scientifique reconnue »[53],[54],[55]. Le rapport indique également que « les principaux membres de la SEGM siègent fréquemment ensemble dans les instances dirigeantes d'autres organisations qui s'opposent aux traitements d'affirmation de genre et qui, comme la SEGM, présentent un contenu biaisé et non scientifique. Parmi ces organisations figurent Genspect, Gender Identity Challenge (GENID), Gender Health Query, Rethink Identity Medicine Ethics, Sex Matters, Gender Exploratory Therapy Team, Gender Dysphoria Working Group et l'Institute for Comprehensive Gender Dysphoria Research. »[55] Lisa Littman, qui a créé le concept de dysphorie de genre à apparition rapide, est conseillère auprès de Genspect et présidente de l'Institute for Comprehensive Gender Dysphoria Research, qui comprend d'autres membres de Genspect, dont Stella O'Malley[15].
Genspect a collaboré avec des groupes anti-LGBT d'extrême droite tels que l'Alliance Defending Freedom[24],[2], classée par l'association Southern Poverty Law Center comme un groupe haineux[56], et « se dit pleinement solidaire » de l'organisation Our Duty, partisane des thérapies de conversion anti-trans, qui a appelé à un « moratoire immédiat » sur la transition de toute personne de moins de 25 ans ainsi que sur le financement public pour la transition à tout âge, et a recommandé « l'abandon rapide des idées transgenres » comme « objectif déclaré de tout régime de traitement » pour les jeunes transgenres[9].
Des membres et conseillers de Genspect ont été critiqués pour leur apparition dans un documentaire produit par David Icke, connu pour des propos antisémites et conspirationnistes. Stella O'Malley, Marcus Evans, Stephanie Davies-Arai de Transgender Trend et Ritchie Herron, qui a détransitionné, y apparaissent[57],[58].
Les guides publiés par Genspect ont été promus par le groupe italien anti-transgenre Genitori De Gender[15].
LGBTQ Nation affirme que, bien que « le groupe prétende être ouvert aux personnes transgenres », « il s'oppose fondamentalement aux soins d'affirmation du genre pour les jeunes »[2]. Jenn Burleton, directrice générale du TransActive Gender Center Project, a déclaré à LGBTQ Nation que Genspect est « une organisation anti-trans, "critique du genre", idéologiquement affiliée au militantisme TERF, à la dysphorie de genre à apparition rapide et à l'Alliance Defending Freedom »[2]. Le magazine Them décrit l'organisation comme « un groupe de pression connu pour ses positions anti-trans » et indique qu'elle a « publiquement qualifié les jeunes de 18 à 25 ans d'"adolescents" et affirmé que cette tranche d'âge devrait également se voir refuser les soins d'affirmation de genre et être soumise à des thérapies de conversion, malgré leur majorité. Cela suggère une fois de plus que leur objectif est d'étendre cette interdiction des mineurs à toute personne de moins de 25 ans »[26]. La revue Gay Community News décrit Genspect comme « une organisation qui soutient les parents qui n'acceptent l'identité de genre de leurs enfants et qui prône le "trouble" pseudoscientifique connu sous le nom de dysphorie de genre à apparition rapide, condamné par la WPATH, l’ American Psychiatric Association et l’American Psychological Association »[11].
Le Florida Phoenix a décrit Genspect comme « un groupe anti-trans marginal […] qui prétend que le nombre de détransitions est bien supérieur à la réalité »[59]. Le site journalistique italien Valigia Blu a décrit Genspect comme « emblématique » d’une forme d’« activisme anti-trans [qui] utilise le langage scientifique comme source d’auto-légitimation et comme outil de remise en cause des institutions, des organisations et, plus généralement, de la communauté scientifique et des autorités (et surtout de leurs méthodes internes d’évaluation et de validation) »[15]. Jamie Bowman, éducatrice et militante pour les familles de jeunes transgenres, a déclaré que Genspect utilise « de la propagande et des tactiques d’intimidation pour dissuader les parents de soutenir leurs enfants »[2].
En réponse au projet de loi Millstone Act de l'Oklahoma, qui interdit les soins d'affirmation du genre aux personnes de moins de 26 ans et érige en crime le fait de les fournir ou de les avoir fournis, l'avocate et militante des droits des personnes trans Alejandra Caraballo a déclaré : « Nous n'avons cessé de mettre en garde tout le monde sur le fait que l'objectif inévitable du mouvement anti-trans était d'interdire tous les soins d'affirmation du genre et de criminaliser de fait l'existence même des personnes trans. Des groupes comme Genspect ont préparé le terrain pour cela. »[60]
Le journal The Hill a déclaré que « les efforts visant à restreindre l’accès des adultes transgenres aux soins de santé s’appuient fortement sur les affirmations d’organisations dites "critiques du genre" selon lesquelles les jeunes ne devraient pas être reconnus comme adultes avant l’âge de 25 ans, âge auquel le cerveau humain est censé atteindre sa pleine maturité », citant Genspect comme exemple[61].
The Sunday Times et The Times décrivent Genspect comme une organisation qui défend les parents d'enfants qui s'interrogent sur leur identité de genre[62],[43],[44]. The Daily Telegraph décrit Genspect comme un groupe soutenant les parents préoccupés par les traitements médicaux liés au genre reçus par leurs enfants[22],[63]. The Economist décrit l'organisation comme « un groupe international de cliniciens et de parents »[13].
En juin 2024, le Southern Poverty Law Center a publié son rapport annuel 2023 et a listé Genspect et SEGM comme des groupes haineux anti-LGBTQ, affirmant qu'ils propagent une « pseudoscience anti-LGBTQ+, en particulier concernant les soins de santé des personnes transgenres »[18],[19],[20],[21].
La fondatrice de Genspect Stella O'Malley a cosigné une lettre critiquant l'inclusion de la notion de « suppression de l'identité de genre » dans le projet de loi irlandais de 2018 Prohibition of Conversion Therapies Bill. L'Union of Students in Ireland a annoncé un boycott du journal The Irish Times jusqu'à ce que celui-ci présente ses excuses pour cet article[33]. La Trans Writers Union, avec 1 400 signataires, et le journal étudiant Trinity News ont également annoncé un boycott du journal, dénonçant ce qu'ils considéraient comme une apologie des thérapies de conversion et un comportement transphobe[34],[11].
En réponse aux tentatives de législateurs en Alabama et au Texas d'interdire les soins d'affirmation de genre pour les mineurs, un rapport a été rédigé par un professeur de droit et six médecins et psychologues travaillant auprès d'enfants et d'adolescents transgenres. Ces chercheurs ont décrit Genspect comme faisant partie d'un petit groupe d'« activistes anti-trans », présents dans plusieurs organisations qui « s'opposent aux traitements d'affirmation du genre et qui, comme la Society for Evidence-Based Gender Medicine, diffusent un contenu biaisé et non scientifique »[55].
Le journal Medscape Medical News décrit Genspect comme « une organisation de parents qui cherche à freiner les transitions médicales pour les enfants et les adolescents », précisant qu'elle s'oppose au « modèle de soins d'affirmation du genre soutenu par l'Association mondiale des professionnels de la santé transgenre, l'American Medical Association, l'American Academy of Pediatrics et d'autres groupes médicaux »[14]. Le site d'information médicale MedPage Today a déclaré que « si les cliniciens s'accordent sur la nécessité d'élargir l'offre de soins et de mener des études supplémentaires pour mieux soutenir les jeunes transgenres, il est préoccupant que des groupes comme Genspect, qui ont pour objectif de remettre en question l'approche actuelle des soins aux jeunes transgenres, alimentent un débat politique susceptible de restreindre l'accès aux soins ». La présidente de l'AAP, Moira Szilagyi, « a condamné les efforts déployés par les assemblées législatives des États et d'autres groupes pour restreindre les soins d'affirmation du genre, affirmant que ces efforts ont un effet dissuasif sur l'accès aux soins pour cette population »[45]. Le blog Science-Based Medicine a décrit Genspect comme « une organisation critique du genre anti-trans » étroitement affiliée à SEGM, et a déclaré qu'elles « colportaient toutes deux régulièrement une pseudoscience anti-trans »[16].
En juillet 2022, des associations LGBT, des professionnels scientifiques et médicaux ainsi que des personnalités publiques ont signé une lettre ouverte adressée à l'Association Polonaise de Psychotherapie Psychodynamique, critiquant l'invitation de Marcus et Susan Evans à prendre la parole lors d'une conférence. Marcus est conseiller chez Genspect et tous deux sont conseillers auprès de la SEGM. La lettre affirmait que « selon une analyse de journalistes de l'organisation Health Liberation Now, Genspect est étroitement lié à un nombre important d'autres entités s'opposant à l'« idéologie du genre » et promouvant les thérapies de conversion pour les personnes LGBT »[64], et que le couple Evans soutenaient ces thérapies de conversion. La Société polonaise de sexologie a ensuite publié une déclaration condamnant également cette invitation[65],[66],[67].
En décembre 2022, l'organisation Trans Safety Network a constaté que le Service national de santé britannique (NHS) avait mis en avant des supports de formation provenant de promoteurs des thérapies de conversion, notamment Genspect, qui les qualifiait de « thérapie d’exploration du genre »[68],[69].
En mars 2022, Stella O'Malley devait participer à une conférence du NHS sur la dysphorie de genre à l'hôpital Great Ormond Street, aux côtés de la pédiatre Hilary Cass, de la journaliste Helen Joyce, de la directrice générale de l'organisation Mermaids, Susie Green, et des conseillères de Genspect, Stephanie Davies-Arai, fondatrice de l'organisation Transgender Trend, et Lisa Littman. L'événement a été annulé suite à des plaintes de lanceurs d'alerte du NHS, de chercheurs et de militants pour les droits des personnes transgenres, qui accusaient la majorité des intervenants d'avoir un « historique de préjugés importants à l'encontre des personnes transgenres »[9],[70]. En réponse aux critiques, Genspect a déclaré que l'événement « aurait mis en lumière des voix modérées et bien informées à un moment charnière au Royaume-Uni, alors que le rapport Cass vise à établir un modèle de traitement plus cohérent pour les jeunes qui s'interrogent sur leur genre »[70].
Le site internet OpenDemocracy a publié un article en réaction à l'annulation de l'événement organisé par le NHS, décrivant Genspect comme « une alliance internationale de parents, conseillers, éducateurs et militants se disant "critiques du genre" » qui collaborent avec les partisans des thérapies de conversion anti-trans, une pratique pseudo-scientifique visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre[9]. Un employé du NHS, s'exprimant auprès d'OpenDemocracy, a déclaré que certains intervenants « n'avaient aucune expérience de soins à d'enfants transgenres » et « étaient publiquement liés à des mouvements anti-trans ou promouvaient des théories discréditées »[9]. Les guides produits par Genspect affirment qu'« aucune preuve ne démontre que la transition sociale ou médicale réduit le risque de suicide chez les jeunes souffrant de dysphorie de genre »[9]. OpenDemocracy a démontré que cette affirmation était fausse, preuves publiées à l'appui[71],[72],[73].
Le 15 juin 2022, dans le New York Times, un article d'Emily Bazelon intitulé « La lutte autour des thérapie de genre »[74], a interviewé des parents appartenant à l'organisation Genspect, qui ont qualifié l'augmentation du nombre d'enfants s'identifiant comme transgenres de « secte du genre » et de phénomène de masse, « suggérant que le contact avec des enfants transgenres, l'information sur les personnes trans et la diffusion d'idées trans sur Internet pourraient propager la transidentité à d'autres enfants ». Certains parents de Genspect ont déclaré que les personnes transgenres ne devraient pas pouvoir entamer leur transition avant l'âge de 25 ans[6]. L'article mentionnait également une newsletter d'un parent anonyme appartenant à Genspect intitulée « C'est une stratégie ! » expliquant comment l'organisation diffuse son message dans les médias en évitant délibérément de qualifier les enfants transgenres de « malades mentaux » ou d'« illusionnés »[5].
Le magazine Texas Observer a critiqué l'article, déclarant : « Depuis sa publication, des défenseurs des droits des personnes transgenres, des experts médicaux et d'autres journalistes ont condamné l'article pour avoir présenté de manière inexacte ces soins comme controversés, déformé la recherche scientifique et cité des militants anti-trans sans préciser le contexte. » Ils ont indiqué que la journaliste Emily Bazelon avait mentionné sur Twitter que Genspect se livrait à un « activisme anti-trans », mais ne l'avait pas présenté ainsi dans l'article. Ils ont noté que l'article avait été utilisé comme preuve de l'absence de consensus médical sur les soins aux personnes transgenres par l'État du Texas dans une affaire judiciaire visant à criminaliser les soins d'affirmation du genre pour les mineurs[6]. Les activistes Ky Schevers et Lee Leveille de l'organisation Health Liberation Now! ont critiqué la présentation d'Emily Bazelon, qui les avait interviewés et avait communiqué avec eux, mais ne les avait pas inclus dans l'article. Ky Schevers a déclaré au Texas Observer : « C'était décevant et exaspérant de la voir ignorer nos avertissements et d'apprendre maintenant que son article est utilisé comme preuve pour empêcher les jeunes trans d'accéder aux soins de santé. »[6],[75]
Le média PinkNews a également critiqué l'article, l'accusant de « donner une tribune à Genspect sans réponse critique » et de propager une « rhétorique abjecte ». Ky Schevers a déclaré : « Le NYT vient de donner la parole à un groupe composé de parents transphobes et de thérapeutes de conversion qui ont écrit sur le fait qu'ils poursuivaient les mêmes objectifs que les militants transphobes les plus radicaux, mais qu'ils modèrent leurs propos pour tenter de se faire accepter par le grand public. »[1] L'autrice trans Dr Sunny Moraine a accusé l'article de'« édulcorer des arguments extrêmement transphobes », tandis qu'Alejandra Caraballo, professeure à la faculté de droit de Harvard, a affirmé qu'il « n'a fait qu'ouvrir davantage la porte aux politiques d'élimination »[1].
En février 2023, l'ONG Media Matters for America a critiqué la présentation des questions transgenres par le New York Times, affirmant que le journal « publiait à répétition des portraits donnant la parole à des extrémistes anti-trans, alimentant la peur quant aux conséquences de l'acceptation des personnes transgenres et présentant la hausse des identifications transgenres comme une contagion sociale ». L'organisation a critiqué la mention de Genspect dans l'article de juin 2022 précité, ainsi que dans un article de janvier 2023 intitulé « Quand les élèves changent d'identité de genre et que les parents ne le savent pas », qui évoquait « un réseau de groupes de soutien en ligne pour les parents "sceptiques" d'enfants transgenres, certains comptant des milliers de membres inscrits », sans préciser que ces groupes étaient gérés par Genspect[76].
« Genspect are an international campaigning organisation founded by Irish celebrity psychotherapist Stella O'Malley in the summer of 2021. »
« Hunter freely and regularly shares "detransition" disinformation on his Twitter account from anti-trans fringe groups such as Genspect, which claims many more people detransition than is factual. »
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