Autisme régressif

L'expression autisme régressif désigne de cas rares de personnes diagnostiquées autistes chez lesquelles sont observées des régressions de compétences, pa

Autisme régressif

L'expression autisme régressif désigne de cas rares de personnes diagnostiquées autistes chez lesquelles sont observées des régressions de compétences, par exemple une perte d'usage de la parole. En 1998, le chercheur britannique Andrew Wakefield a accusé le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons[1] de déclencher « l'entérocolite autistique » (autistic enterocolitis) et d'être particulièrement impliqué dans les cas d'autisme régressif[2]. Cette étude a depuis été reconnue comme une fraude[3].

La notion d'autisme régressif reste non-caractérisée. Elle est critiquée par la communauté scientifique en raison d'un manque d'objectivité dans ses descriptions.

Description

Cette forme rare d'autisme concernerait des enfants dont le développement semble typique jusqu'à un certain âge, généralement compris entre 15 mois et 3 ans, puis chez lesquels une « régression » est observée. Aux États-Unis, une peur de l'autisme régressif s'est installée en raison de témoignages anxiogènes de parents, qui disent avoir vu leurs enfants « se volatiliser » passé un certain âge. Ces témoignages sont amplifiés par des associations et des instituts de recherche qui exagèrent la peur de l'autisme[4].

Ainsi, certaines publications pseudo-scientifiques, en médecine non conventionnelle font état d'une augmentation de 500 % des cas d'autisme régressif aux États-Unis, parlant d'une épidémie dont l'origine serait à chercher non pas dans la génétique, mais dans le mode de vie de la population[5].

Hypothèse issue de chercheurs en génétique

Selon Mary Coleman, spécialiste en neurologie pédiatrique américaine intéressée par l'étude des erreurs génomiques dans l'autisme et dans l'épilepsie, et Christopher Gillberg, la régression intervient à un moment précis du développement et concerne la production de protéines par des gènes mutants[6]. Il s'agit d'expliquer comment ces gènes se régulent de façon globale dans des processus d'activation ou de désactivation mutuels[6]. D'importantes parties du développement au niveau génétique, dans les troubles développementaux et l'autisme, prennent fin et nous n'en connaissons pas encore le moment précis[6].

Mary Coleman mentionne un cas d'encéphalite à anticorps anti-NMDA, une affection auto-immune, rapportée chez un garçon de 33 mois qui remplit les critères diagnostics de l'autisme[7]. Elle développe la corrélation entre cette forme d'encéphalite et l'encéphalite herpétique, l'une des encéphalites connues pour être liée à des symptômes autistiques[7]. Selon elle, ceci va en faveur de l'hypothèse d'un déséquilibre entre les synapses glutamatergiques et GABAergiques[7] dans l'autisme.

Critiques

L'existence même d'un autisme régressif ne fait pas consensus. En effet, parallèlement à la perte de certaines facultés, il est courant que les enfants autistes en acquièrent d'autres[4]. Ainsi, la littérature scientifique consacrée à l'autisme régressif ne parvient pas à caractériser de prévalence ou de liste des compétences perdues[8], une méta-analyse sur plus de 100 études consacrées à l'autisme régressif ayant échoué à dégager une description consensuelle[9]. La notion d'autisme régressif n'a pas de description scientifique centrale[10] et fait ainsi l'objet de plus en plus de critiques en raison des difficultés à la caractériser[11].

Personnes diagnostiquées

Notes et références

  1. (en) Andrew J. Wakefield, Simon H. Murch, Andrew Anthony, J. Linnell, David H. Casson, Mohsin Malik, Marc Berelowitz, Amar P. Dhillon, Michael A. Thomson, P. Harvey, Alan Valentine, Susan E. Davies et John A. Walker-Smith, « RETRACTED : Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children », The Lancet, vol. 351,‎ , p. 637–641 (ISSN 0140-6736 et 1474-547X, DOI 10.1016/s0140-6736(97)11096-0, lire en ligne, consulté le ).
  2. Passeport Santé, « Relation possible entre l'autisme régressif et le vaccin RRO ? », sur passeportsante.net, (consulté le ).
  3. (en) The Editors Of The Lancet, « Retraction--Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children », Lancet, vol. 375, no 9713,‎ , p. 445 (PMID 20137807, DOI 10.1016/S0140-6736(10)60175-4, lire en ligne).
  4. a et b Jennifer Richler, « Autisme régressif : un enfant de trois ans peut-il soudain régresser au point de «disparaître»? », sur planetesante.ch, (consulté le ).
  5. Michel Dogna, Prenez en main votre santé : Les maladies les plus dévastatrices : Les remèdes actuels les plus puissants, Guy Trédaniel, , 479 p. (ISBN 978-2-8132-1012-8 et 9782813210128, présentation en ligne), rech. "autisme régressif".
  6. a b et c (sv) « ”Barn med autism måste undersökas noggrannare” », Special Nest,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. a b et c Mary Coleman, The Mary Coleman Lectures on Autism, 2015 Background Paper for the Archives, Gillberg Neuropsychiatry Centre, Sahlgrenska Academy
  8. (en) Brian D. Barger, Jonathan Campbell et Christina Simmons, « The relationship between regression in autism spectrum disorder, epilepsy, and atypical epileptiform EEGs: A meta-analytic review », Journal of Intellectual & Developmental Disability, vol. 42, no 1,‎ , p. 45–60 (ISSN 1366-8250, DOI 10.3109/13668250.2016.1208812, lire en ligne, consulté le )
  9. (en) Brian D. Barger, Jonathan M. Campbell et Jaimi D. McDonough, « Prevalence and onset of regression within autism spectrum disorders: a meta-analytic review », Journal of Autism and Developmental Disorders, vol. 43, no 4,‎ , p. 817–828 (ISSN 1573-3432, PMID 22855372, DOI 10.1007/s10803-012-1621-x, lire en ligne, consulté le ).
  10. (en) Brian D. Barger et Jonathan M. Campbell, Comprehensive Guide to Autism, Springer New York, , 2922 p. (ISBN 978-1-4614-4787-0 et 9781461447887, DOI 10.1007/978-1-4614-4788-7_84, lire en ligne), p. 1473–1493.
  11. (en-US) « Rethinking regression in autism », Spectrum | Autism Research News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. (en) Stephen M. Shore et Linda G. Rastelli (trad. Josef Schovanec et Caroline Glorion), Comprendre l'autisme pour les nuls, Éditions First, , 384 p. (ISBN 2-7540-6581-4).Voir et modifier les données sur Wikidata.

Bibliographie

  • [Heung 2008] (en) Kelly Heung, Is Autistic Regression Too Narrowly Defined?,
  • [Unsaldi 2010] Inci Unsaldi Cordier, La Régression dans l'autisme, Éditions universitaires européennes EUE, , 168 p. (ISBN 978-613-1-51153-0 et 9786131511530)

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