Jules Chabot

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Jules Chabot
Jules Chabot
Description de cette image, également commentée ci-après
Commandant de la French Line, en 1937.
Naissance
Bordeaux
Décès (à 92 ans)
Bordeaux
Profession

Jules Chabot, né le à Bordeaux et mort le dans la même ville est un commandant de paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique (French Line) actif entre les années 1900 et 1940. Jules Chabot se distingue par une longue carrière — des débuts comme cadet aux transports de troupe durant la Première Guerre mondiale — avant de diriger le Lafayette puis l’Île-de-France de 1935 à 1938, période où la presse new-yorkaise souligne son autorité à la passerelle et l’estime de ses pairs[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7].

Carrière

Jules Chabot commença sa longue carrière maritime au début des années 1900 sur plusieurs navires marchands français. Ce n'est qu'en 1908 qu'il entra à la Compagnie Générale Transatlantique qu'il ne quitta plus jusqu'à la fin de sa carrière en 1941.

En 1930, la presse maritime australienne annonce sa nomination comme master (commandant) du Lafayette[1]. L’année suivante, des quotidiens canadiens évoquent la vie à bord sous son commandement[2],[3]. En 1936, la presse montréalaise cite « le commandant Chabot » de l’Île-de-France[4].

En , plusieurs quotidiens new-yorkais annoncent son dernier appareillage à la passerelle de l’Île-de-France en raison de la limite d’âge ; ces articles retracent sa carrière (débuts comme cadet, navigation aux Antilles, obtention du grade de capitaine au long cours en 1908, premier commandement sur le Mexico), précisent qu’il est maître de l’Île-de-France depuis , et indiquent sa reconversion comme inspecteur navigant à terre ; le commandant Étienne Payen de la Garanderie lui succède[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12].

Rôle et portée culturelle

Dans l’entre-deux-guerres, les grands paquebots français servent de vitrines du pays et diffusent le style et le savoir-faire hexagonaux sur la ligne Le HavreNew York[13]. Mis en service en 1927, l’Île-de-France est l’un des symboles de cet âge d’or : « ambassadeur de l’art de vivre et du savoir-faire national », entièrement décoré dans le style Art déco et présenté dès 1925 par des ensembles intérieurs lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs[14],[15]. En tant que commandant de l’Île-de-France au milieu des années 1930, Jules Chabot incarne cette diplomatie culturelle en mer : visage public du navire, garant du service et de la réputation de la Compagnie Générale Transatlantique auprès d’une clientèle internationale, il conduit les traversées transatlantiques à une période où le paquebot fait rayonner une image de modernité française[5],[6].

Paquebot Lafayette

Le Lafayette (French Line) est confié à Jules Chabot à partir de 1930[1]. Des témoignages de presse contemporains au Canada décrivent la vie à bord en 1931[2],[3]. Une synthèse ultérieure par l’hebdomadaire professionnel français Le Marin (1976) rappelle son commandement du Lafayette puis de l’Île-de-France[16]. Pour le contexte naval et technique, voir également l’article encyclopédique consacré au paquebot[17].

Paquebot Île-de-France

Mis en service en 1927 par la Compagnie Générale Transatlantique, l’Île-de-France est souvent cité comme un marqueur du goût français des Années 1930 : ses aménagements intérieurs, largement inspirés de l’Art déco, et ses services de bord en firent l’un des paquebots emblématiques de la ligne Le HavreNew York. Au-delà de sa fonction de transport, le navire a contribué à diffuser une image de modernité et de raffinement associée au savoir-faire hexagonal, devenant un repère culturel des traversées transatlantiques de l’époque. Sa notoriété se reflète dans la presse et la production culturelle de l’entre-deux-guerres, où il apparaît fréquemment comme symbole du luxe à la française et de l’élan artistique des années trente.

Dans les années 1930, la traversée de l’Atlantique Nord devient une véritable « course à la vitesse » entre grandes compagnies européennes, où chaque gain d’heures nourrit la quête du Ruban bleu. La presse américaine relaie ces performances : ainsi, le , le New York Times rapporte que l’Île-de-France bat son propre temps entre Le Havre et New York (en « cinq jours »). À la tête du paquebot à cette période, Jules Chabot, participe à cet effort de prestige où la vitesse devient à la fois un argument commercial et un vecteur d’influence française aux États-Unis[18]. Son commandement de l’Île-de-France ainsi que son dernier voyage comme master est annoncé par la presse new-yorkaise en [4],[5],[6],[7].

La notoriété de l’Île-de-France transparaît dans la culture populaire de l’entre-deux-guerres ; il est notamment cité dans la chanson A Fine Romance (1936) interprétée par Ginger Rogers et Fred Astaire[19].

Articles connexes

Références

  1. a b et c (en) « French Line’s New Motorship — Captain Jules Chabot appointed master of Lafayette », Daily Commercial News and Shipping List, Australie,‎
  2. a b et c « La Presse (Montréal) — 13 novembre 1931 (rubrique maritime, Lafayette) », sur BAnQ numérique (consulté le )
  3. a b et c « Le Devoir — 13 novembre 1931 (cérémonie de l’armistice à bord du Lafayette) », sur BAnQ numérique (consulté le )
  4. a b et c « La Presse (Montréal) — 3 avril 1936 (mention du « commandant Chabot » de l’Île-de-France) », sur BAnQ numérique (consulté le )
  5. a b c et d (en) « Events of Interest in Shipping World – Capt. Jules Chabot to Quit Bridge of Ile de France Because of Age Limit », The New York Times, New York,‎
  6. a b c et d (en) « Quits as Master of Ile de France – Capt. Chabot Reaches Age of Retirement at 55 », New York Sun, New York,‎
  7. a b et c (en) « Captain Chabot to Retire as Ile de France Master », New York Herald Tribune, New York,‎
  8. (en) « Capt. Chabot on Last Trip As Master of Ile de France », New York Evening Post, New York,‎
  9. (en) « Free Lunches of 90’s Leave Imprint on Retiring Skipper », New York World-Telegram, New York,‎
  10. (en) « The Old Free Lunch Is Captain’s Memory », New York Daily News, New York,‎
  11. (en) « Who’s Doing What… in Travel World », Sunday Journal & American, New York,‎
  12. (en) « Captain Retires », Brooklyn Daily Eagle, Brooklyn, NY,‎
  13. « 1925, quand l’Art déco séduit le monde », sur Cité de l’architecture et du patrimoine (consulté le )
  14. « Expositions – French Lines & Compagnies (notice générale) », sur French Lines & Compagnies (consulté le )
  15. « Paquebots, une esthétique transatlantique (dossier de presse) – repères 1925/1927 », sur MuMa Le Havre, (consulté le )
  16. Henri Le Moullec, « Un certain « La Fayette » », Le Marin, Paris,‎
  17. (en) « Lafayette (II) », sur The Great Ocean Liners (consulté le )
  18. (en) « Liner Breaks Her Record; Ile de France Arrives From Havre in 5 Days », sur The New York Times, (consulté le )
  19. (en) « "A Fine Romance" — Ginger Rogers & Fred Astaire (1936) », sur YouTube, Turner Classic Movies (consulté le )

Liens externes

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