| Type | Rootkit, Ver informatique |
|---|---|
| Auteur | Equation Group ( NSA) |
| Système(s) d'exploitation affecté(s) | Windows |
| Écrit en | Lua, C, C++ |
Fast16 est un ver informatique et rootkit découvert en 2026 qui aurait été conçu par Equation Group (NSA). Ses composants principaux semblent remonter à 2005, ce qui en fait l'un des premiers exemples connus de sabotage industriel de précision, plus jeune de cinq ans que la découverte publique du ver Stuxnet. Ce logiciel malveillant est identifié par des chercheurs de SentinelOne en , qui l'associent aux signatures trouvées dans la fuite des Shadow Brokers de 2017 qui révélait des outils qui appartiendrait à la NSA[1],[2],[3],[4].
Ce logiciel malveillant se différencie tout particulièrement par l'utilisation d'une machine virtuelle Lua embarquée, lui donnant de la modularité, et d'un pilote de système de fichiers au niveau du noyau conçu pour les attaques de type « adversaire dans la simulation ». Contrairement aux logiciels malveillants traditionnels conçus pour l'exfiltration de données ou la destruction de systèmes, fast16 cible des logiciel de simulation de haute précision en intégrité. Il utilise un moteur basé sur une centaine de règles pour intercepter les fichiers exécutables en mémoire et modifier subtilement les routines arithmétiques à virgule flottante. Ces manipulations systématiques visent à changer les résultats mathématiques, afin de les rendre légèrement inexacts, dans des logiciels de modélisation physique, ce qui permettrait alors d'entraîner des défaillances techniques inexplicables ou à saboter de recherches sensibles, telles que des simulations d'armes nucléaires[5].
La Cyber Kill Chain de Fast16 est particulièrement avancée pour l'époque où il a été écrit, en 2005. Il n'a été téléversé pour la première fois sur le site de détection VirusTotal qu'en 2016, et n'était détecté comme malveillant par pratiquement aucun anti-virus en Avril 2026 pendant l'analyse de SentinelOne.
Fast16 utilise des petits modules appelés "Wormlet" pour se propager. Le logiciel malveillant cherche des serveurs sur le réseau local, se copie automatiquement sur des disques réseaux de partage de fichier Windows (SMB), puis lance le service à distance. Si besoin, le wormlet tente une Attaque par force brute sur les lecteurs réseaux afin d'obtenir les Identifiants de connexion, exploitant ainsi des faiblesses natives à Windows 2000 et XP. Le ver n'essaye pas de se connecter à un serveur de contrôle (C2) et est entièrement autonome [1].
Une fois un système infecté par le réseau, le pilote fast16.sys est installé. Ce pilote s'exécute au niveau du noyau Windows et s'exécute au démarrage, et se présente comme un composant du système de fichier, ainsi il peut intercepter et modifier les executables au moment où ils sont lus sur le disque, avant d'être chargé en memoire[1].
Les années 2000 ont vu un très grand nombre de vers qui étaient écrits et propagés par des amateurs. Celui-ci se différencie tout particulièrement. C'est le premier ver connu à utiliser une machine virtuelle Lua pour se propager. De plus, le bytecode exécuté dans la machine virtuelle Lua est chiffré afin d'évader la detection et peut être facilement modifier sans recompiler le binaire. Les fonctions d'appels systèmes (API) sont évalué dynamiquement afin de déjouer les analyses statiques.
Par rapport à la triade "CIA" (Confidentialité, Intégrité, Disponibilité), le ver a seulement pour but d'impacter l'intégrité de certains systèmes cibles très précis. Ni la confidentialité, ni la disponibilité ne sont visées. La méthode utilisé est plutôt unique et consiste en un "Aversaire dans la Simulation", en modifiant en memoire les routines de calcul en virgule flottante (FPU). Les conditions d'exécution sont très spécifiques, en particulier quand la densité du matériau simulé est supérieure à 30g/cm³, ce qui correspond à de l'uranium compressé lors d'une explosion nucléaire. La modification d'intégrité est très subtile, en ne modifiant qu'au delà de la 5eme décimale. Fast16 cible les logiciels d'ingénierie spécialisés et de simulation de haute précision, notamment des suites logicielles telles que LS-DYNA, AUTODYN, PKPM et MOHID[1].
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